Bélo, le don de soi

Arc-bouté sur ma bêche pour tenter d’attendrir une terre qui ne veut rien savoir, je repense, Jean-Claude, à tout ce que tu as fait, à tout ce que nous avons fait et vécu ensemble, les uns et les autres. Soudain, des cris dans le ciel ! Peut-être les as-tu entendues ces grues si libres, si légères, si solidaires. Elles tournoient, se cherchent, se rassurent et, dans une géométrie séculaire, elles prennent le cap et…. se barrent.
Ah « lou cap », on peut dire que le tien était des plus durs, un cap de « Bison », parfois limite mais toujours inflexible. L’autre cap, celui  que tu t’étais fixé au fil des années, fait d’humanité, de fraternité, de gentillesse t’a conduit à bien des mobilisations.
Au sein de l’U.S.M. , tu as joué dans les années 65/72, aux côtés des Jean-Marc, François, Michel, Pilou, Gilbert, Armand, Patrick et combien d’autres, issus, pour beaucoup, de ce quartier du Port auquel tu restas fidèle. Ton enfance, avec tes parents Ana et Pierre, ta sœur Marie-Hélène, tu la passeras en face de d’Ibusty. Donc, naturellement tu enfileras la tunique verte et blanche. Demi de mêlée « chacailleur et houspilleur » à la mode d’un Berbizier, tu as fait les beaux jours de la première (peu) et de la réserve (beaucoup).
Intermède politique où, là encore, tu ne mâchais pas tes mots, déçu par le résultat. « On a été battus parce que les Mougertars, c’est tous des …. »  Avec, comme souvent, ce sens de la mesure qui t’était très personnel !
Aussitôt, tu rebondis avec Michel, Jean-Paul, Jean-Marc, d’abord, puis Marc, Georges, Jean-Yves, Yves, Claude et tant d’autres à l’Ecole de Rugby. Ton amour des enfants, tes qualités pédagogiques et ta passion du rugby y feront merveille.  Tu y laisseras un excellent souvenir auprès d’un tas de minots devenus, aujourd’hui, des adultes très tristes car très reconnaissants. Tes engagements dans le soutien des plus défavorisés, aux côtés de Christine, ont été exemplaires. Pouvait-il en être autrement ? Tout comme pour ta proximité avec la nature, sa protection ou pour ton militantisme de tous les instants, tu n’as jamais mégoté, d’associations en syndicat, de protestations en défilés.
Aujourd’hui, tes poules, canards, chats et chiens sont orphelins et tous tes proches sont dans la douleur. Ton château « Belo » a perdu son animateur, son «Pappy Moustache» entouré de tant d’enfants.
Tiens ! On n’entend plus les grues, on peut les apercevoir au loin dans ce ciel bleu et froid mais, elles, elles reviendront !

Un ami

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